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Rabbit hole

Nicole Kidman, au sommet de son art ! Dans Rabbit Hole, dont elle est également productrice, l’actrice incarne une mère en deuil de son fils. Résultat : un des rôles majeurs de sa riche carrière et un film bouleversant. L’un des plus beaux de l’année 2011.

Becca et Howie, de riches quadras américains, avaient tout pour être heureux, mais un événement inacceptable est venu saccager leur vie. Leur fils unique est mort, suite à un accident de la route, survenu à deux pas de leur belle maison. Depuis, le couple tente de redonner un sens à son existence. Lui cherche à échapper à la dépression et essaye d’entrafner son épouse dans de nouvelles expériences réparatrices. Elle ne parvient pas à faire semblant d’y croire. Elle coupe les ponts avec sa famille, ses amis, refuse de s’inventer un avenir, s’enlise… Contre toute attente, elle se rapproche du jeune homme responsable de la mort de son enfant. Cette étrange relation va-t-elle lui permettre de pouvoir être enfin en paix avec elle-même et avec les autres ? Comment vivre avec le deuil ? Comment s’inventer une nouvelle existence malgré tout ? Avec un tel sujet, on pouvait redouter le chantage aux sentiments et les surenchères larmoyantes. Il n’en est rien.

Dans Rabbit Hole, adaptation de la pièce de théâtre éponyme de David Lindsay-Abaire, tout repose sur la suggestion, les murmures, une étrange douceur. Dans cette fiction sobre et bouleversante, le très inspiré John Cameron Mitchell (Hedwig and the Angry Inch, Shortbus] filme les hésitations, les non-dits et les contradictions intimes de ses personnages. Dans la peau de Howie, le mari au bord d’un gouffre existentiel, Aaron Eckhart interprète une partition infiniment pudique. Quanta Nicole Kidman, alias Becca, femme prisonnière de sa douleur, elle sidère du premier au dernier plan et retrouve les sommets autrefois arpentés avec Stanley Kubrick (Eyes Wide Shut) ou Jane Campion (Portrait de femme). La comédienne, également productrice du film et nominée lors de la dernière cérémonie des Oscars, s’est pleinement investie dans Rabbit Hole et cela se sent à chaque plan. « J’interprète Becca comme quelqu’un qui porte en elle une telle souffrance que si on l’effleure elle se brise, racontait Nicole Kidman, au moment de la sortie du film. Cette perte qui la paralyse est là tous les matins à son réveil et paradoxalement sa seule façon de s’en sortir, c’est d’avancer encore et toujours. Elle tente désespérément d’aller du côté de la vie. La seule question qu’elle se pose n’est pas « Comment je fais pour vivre ? » mais « Comment vivre ? ». » Le résultat, époustouflant de beauté et d’émotion, hante longtemps après la projection. À voir et à revoir…

Publié le 25/08/2011

 

 

 

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